Quand l’art se porte

7 septembre 2011

Photo : Le Pigeon

Par Marc Lajambe


L’entrée en matière est immédiate. Aussitôt, la dernière marche franchie du grand escalier qui nous mène à cette rétrospective multimédia, nous sommes plongés dans l’univers unique et avant-gardiste de celui que plusieurs surnomment «l’enfant terrible de la mode.»

Mais avant d’aller plus loin dans mon appréciation de cette expo, expliquons rapidement la signification d’une portion de son titre. On nous a expliqué, lors de notre visite, que De la rue aux étoiles signifiait l’évolution pour Gaultier du prêt-à-porter (ses débuts) à la haute couture. Fin de la parenthèse.

Gaultier made in Montréal
Tout d’abord, une bonne main d’applaudissement pour Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée, pour avoir convaincu Gaultier, qui avait toujours refusé de façon catégorique qu’une exposition sur son œuvre voit le jour. Cette rétrospective a donc été initiée, conçue, produite et mise en tournée par le MBAM. Notons qu’après Montréal, cette dernière prendra la route pour conquérir Dallas, San Francisco et Madrid, avant de terminer son parcours au Kunsthal Rotterdam aux Pays-Bas, en 2013.

« Je trouve l'exposition de Jean Paul Gaultier extraordinaire et c'est vraiment un grand honneur pour moi de pouvoir en faire partie. Jean Paul est un artiste qui n'a jamais eu froid aux yeux. On le voit bien dans l'exposition présentée au Musée des beaux-arts. J'ai non seulement du respect pour lui, mais aussi une grande admiration », raconte Eve Salvail, célèbre muse du designer.

L’audace à fleur de peau
Les sections de cette audacieuse mise en scène (au nombre de six, soit L’odyssée de Jean Paul Gaultier, Le boudoir, À fleur de peau, Punk cancan, Jungle urbaine et Métropolis) offrent une approche thématique de la carrière de ce créateur hors du temps. Grâce à l’accès exclusif aux archives de Gaultier, on peut observer de près les costumes de scènes qu’il a créés pour des artistes (Madonna, entre autres), certains des ensembles les plus marquants de sa carrière, des extraits vidéo et des tirages inédits provenant des plus grands de la photographie de mode et des arts. Tout simplement renversant.

Sans contredit l’un des moments forts de ma visite : l’aspect multimédia de ces fameux mannequins animés par l’entreprise québécoise UBU, qui apportent une dimension hors du commun et tout à fait unique au parcours. Une quinzaine de personnalités, dont Gaultier lui-même, ainsi que les mannequins Eve Salvail et Francisco Randez, se sont prêtées au jeu, en acceptant qu’on utilise leur visage, et parfois leur voix, pour animer ces mannequins au moyen d’une ingénieuse projection audiovisuelle. Du jamais vu!

« L'occasion de voir les créations phares du génie Jean Paul Gaultier de si près qu'on pourrait les toucher (n'allez pas jusque-là, on pourrait vous faire sortir aussi vite que vous êtes entrés). Cette expo est d'après moi aussi grandiose qu'accessible, bien à l'image du créateur que j'ai eu la chance de côtoyer : un homme simple, sensible, génial et provocateur à la fois », de dire Francisco Randez, animateur au canal Évasion et chroniqueur à TVA, qui figure parmi les muses de Gaultier et qui a incarné pendant cinq ans le visage de sa fragrance Le Mâle.

L’autre item digne de mention : le catalogue officiel de l’expo. Véritable livre d’art, il est présenté sous forme de coffret et contient 424 pages, dont 550 illustrations. Un pur délice pour les yeux!

La planète mode de Jean Paul Gaultier - De la rue aux étoiles, qui a déjà attiré au-delà de 60 000 visiteurs, sera présentée jusqu’au 2 octobre prochain. Il va sans dire que cette rétrospective saura plaire autant aux adeptes de la mode qu’à ceux des arts en général. Un détour qui vaut la peine, et une très belle pause à vous offrir, malgré la folie de la rentrée.

Infos : http://www.mbam.qc.ca/jpg/fr/index.html

Photo : Le Pigeon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo page d'accueil : Collection Les Vierges, robe Apparitions. Haute couture printemps-été 2007. © Patrice Stable/Jean Paul Gaultier. Tous droits réservés.



 

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