A beau mentir qui roule une pelle!

31 mars 2011



Le titre, on l’avait déjà entendu à Hollywood. L’idée d’une relation amoureuse qui a pour base un mensonge, avec Pinocchio en tête d’affiche, c’était presque du plat réchauffé. Mais si vous allez voir French Kiss, allez-y simplement pour le plaisir d’y voir deux de nos chouchous québécois (qu’on a l’habitude de voir dans des films plus noirs) se laisser aller à la fusion inhérente à tout amour naissant, et pour aucune autre raison. Et on y croit!

Shakespeare au XXIe siècle
Juliette (Céline Bonnier) a 38 ans et est toujours célibataire, sans enfant. Elle vit seule, est un peu bordélique, a ses petites habitudes bien établies, aime «monsieur patate» et collectionne les roches. On a tous une amie du genre de Juliette qui n’a pas eu de chance en amour mais qui aimerait bien tomber sur le bon, par hasard.

Fred (Claude Legault), lui, a la quarantaine, un bon emploi stable, dans une compagnie stable, dont le décor ressemble étrangement à celui de son appartement. Fred s’interdit cependant d’atteindre la même stabilité sur le plan amoureux, il est cet ami d'adolescence qu’on a tous, celui qui collectionne les histoires sans lendemain et qui a une peur bleue de se caser.

Ils se rencontrent un jour de pluie, se draguent d’une manière ultra clichée, et au fil de sorties romantiques dans un restaurant champêtre, ils apprennent peu à peu à s’apprivoiser jusqu’à tomber subtilement amoureux l’un de l’autre. Le hic, c’est qu’il y a un autre personnage en jeu : le mensonge. Il apparaît dès leurs premiers mots, et prend autant de place qu’un grain de beauté placé en plein visage, aussi évident que le nez de Pinocchio lorsqu’il s’allonge.

Comme quoi l’amour se cache parfois là où on s’y attend le moins, et un jour, il faut lui céder la place en le laissant s’installer dans notre vie, à nos risques et périls.

La quarantaine en amour
Ce qui est charmant dans ce film de Sylvain Archambault (Pour toujours les Canadiens, Piché: entre ciel et terre), ce sont les clins d’œil à l’Italie (pays de l’amour, il va sans dire) et les images flottant entre rêve et réalité. Magnifique aussi, le fait que les personnages principaux aient de petites rides qui ne les empêchent pas de plonger dans ce que certains appellent l’état naissant de l’amour. Généralement au cinéma, la passion amoureuse est liée à la prime jeunesse, et Sylvain Archambault a bien fait de nous en montrer une autre facette, pourtant si réaliste dans notre société actuelle.

En effet, au Québec par les temps qui courent, avec plus de 50% des unions matrimoniales qui se terminent par une rupture, cela fait du bien de voir au grand écran que la passion amoureuse n’est pas exclusive aux moins de 25 ans! French Kiss nous donne le goût de nous abandonner comme des adolescents, malgré nos quelques rides et notre passé amoureux parfois tumultueux et insatisfaisant. 

À voir, pour réfléchir à l’utilité du mensonge dans les relations humaines ou... pour en savoir plus sur l’anatomie de la crevette! 



 

 

 

 

* Ne cherchez pas le restaurant La Quenouille au Vent à Sainte-Dorothée, en réalité il s’agit de l’Auberge Willow Place, à Hudson.

En salles depuis le 11 mars.

Par Odile Rampy

Photos © 2011 TVA Films. Tous droits réservés.

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