Alors, on danse ?

2 juin 2011

Dansez dans les rues (2008)

Danse lascive (Dirty Dancing – 1987)
« On ne laisse pas Bébé dans un coin », lançait Johnny (Patrick Swayze). Le jeune danseur qui incarnait à merveille la rébellion et la fureur de vivre de la jeunesse des années 60, avait tout pour séduire Frances (Frédérique, dans la version française!). Celle que l’on surnommait «Bébé» cherchait à définir sa propre identité, quitte à se dissocier de sa famille un peu trop bourgeoise qui était venue passer les vacances dans un chic domaine hôtelier. La quête de la jeune fille la mènera notamment à apprendre, avec Johnny, une danse sensuelle, bien loin du rythme et des pas de danse de ses parents. Leur relation donnera lieu à des séquences mémorables, dont celle du fameux « porté », mais aussi la mélancolique scène de la séparation, bercée par She’s Like the Wind, chanson interprétée par le très regretté Patrick Swayze.

La Fièvre du samedi soir (Saturday Night Fever – 1977)
L’incomparable séquence d’ouverture vaut à elle seule le visionnement du film. La moue boudeuse, un pot de peinture à la main, John Travolta arpente les rues d’un pas sautillant, mais très peu naturel. Tout au long du film, l’acteur fait preuve de prouesses hors du commun lors des nombreuses scènes où il évolue sur le plancher de danse. Cette performance, alliée à une bande sonore qui contient presque tous les succès des Bee Gees (et qui reste d’ailleurs la bande sonore la plus vendue de l’histoire à ce jour), a pour beaucoup contribué à la mode du disco des années 70. Même si aujourd’hui les effets de montage nous semblent un peu défraîchis, il n’en reste pas moins que John Badham a réalisé un film efficace qui nous donne, à nous aussi, la fièvre de la danse.

Footloose – 1983
Encore une fois, la danse sert de moyen d’expression et agit comme véhicule de la rébellion des adolescents. Ren McCormack, un adolescent de Chicago incarné par Kevin Bacon, emménage dans un village du Tennessee où un révérend (John Lithgow, qu’on a récemment vu dans la quatrième saison de Dexter) a banni la danse et la musique rock. L'homme d'Église devra pourtant céder à la flamme et la passion de la jeunesse pour la danse, qui sert à nouveau de pont entre deux générations. La fin du film, où le bal de finissants des protagonistes dégénère en danse débridée sur la chanson titre, suffit encore aujourd’hui à nous dérider. C’est donc le pied léger que l’on attend le remake de Footloose dont la sortie est prévue l’automne prochain.

Le Feu de la danse (Flashdance – 1983)
Les années 80 abondaient en films sur la danse, et celui-ci se voulait en quelque sorte une nouvelle version du conte de Cendrillon. Alex travaille comme soudeuse le jour et danse le soir dans un bar. Elle rêve d’entrer dans une prestigieuse école de danse, mais elle n’a pas la formation nécessaire. Son patron, qui s’éprendra d’elle, jouera de contacts pour lui obtenir une audition. Malgré un scénario parsemé de petites morales qui fleurent un peu trop l’eau de rose, on prend encore plaisir à regarder la scène de l’audition où Alex tombe, mais persévère (deux doublures de l’actrice ont été nécessaires pour filmer la chorégraphie, dont un homme!). Et surtout, on aime voir à la fin la jeune fille sortir de l’école, exultante, sans savoir si elle a vraiment obtenu une place ou si elle est simplement fière d’avoir tenu bon.

Latcho Drom – 1993
Tout en couleurs, Latcho Drom, un documentaire dont la musique constitue le seul langage, retrace le parcours des Roms à travers l'Europe. De l’Inde à l’Espagne, c’est par la danse que ce peuple itinérant (qu’on appelle parfois gitans) laisse sa marque dans les contrées qu’il traverse, à défaut d’avoir un pays qui lui appartienne. Les images sont sublimes, les danseurs, impressionnants, et certaines scènes se révèlent particulièrement touchantes, notamment celle où une danseuse de baladi s’interrompt pour donner le sein à son enfant. Un film qui ravira les amateurs de danse et de musique du monde, mais aussi les cinéphiles en quête d’exotisme et de voyage.


Nouvelle mouture
Il n’y a pas que les années 80 qui ont été riches en rythme et en pas de danse!

- Dansez dans les rues (Step Up – 2006, 2008 et 2010). Alliant une bande sonore tendance à des chorégraphies spectaculaires et dynamiques, cette série de trois films (un quatrième a déjà été annoncé) connaît un succès bien mérité. Step Up 3 offre une juste dose de romance, d’humour et de défi qui en fait un film divertissant pour toute la famille.

- Danse ta vie (Center Stage – 2000 et 2008). La vie quotidienne des danseurs d’une école de ballet fictive y est dépeinte. Le ballet est revu à la sauce actuelle par l’entremise de chorégraphies jeunes et inédites, et le résultat s’avère franchement rafraîchissant.

- Sur le rythme (2011). Quelle joie d’apprendre que le Québec aura aussi ses films de danse! En effet, Nico Archambault (gagnant de So You Think You Can Dance Canada) et Mylène Saint-Sauveur se retrouveront sur le grand écran en août prochain. Ils donneront vie à l’histoire de Delphine, qui souhaite devenir danseuse, alors que ses parents préféreraient la voir choisir une carrière en médecine.

Par Pascale Tremblay

Footloose © 2011 Paramount Pictures_ Dansez dans les rues © Buena Vista Home Entertainment. Tous droits réservés.

Latcho Drom (1993)

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